Nécrose de la tête fémorale (ostéonécrose de la hanche) : symptômes et traitements

Une douleur de l'aine apparue brutalement, sans accident ni effort particulier. Une gêne qui s'accentue dès que vous posez le pied par terre, alors que vos radiographies semblent normales. Ce tableau évoque une nécrose de la tête fémorale — une maladie de l'os qui se soigne d'autant mieux qu'elle est reconnue tôt, et que notre équipe prend en charge à Lyon.

La nécrose de la tête fémorale (ostéonécrose) est la mort d'une zone osseuse de la tête du fémur, privée de son apport sanguin. Elle provoque une douleur de l'aine souvent brutale, accentuée à l'appui, et peut aboutir à l'effondrement de la tête fémorale, puis à une arthrose de la hanche.

Comprendre la nécrose de la tête fémorale

La hanche est une articulation : la tête du fémur, sphérique, tourne dans une cavité du bassin appelée cotyle. Comme tout tissu vivant, l'os de cette tête a besoin d'être irrigué en permanence par de petits vaisseaux sanguins. Or cette vascularisation est fragile : les artères qui nourrissent la tête fémorale sont peu nombreuses et ne se relaient pas entre elles.

Quand l'apport sanguin s'interrompt dans une zone, l'os de cette zone meurt : c'est l'ostéonécrose, que l'on peut comparer à un infarctus de l'os. La charpente osseuse morte perd progressivement sa solidité. Imaginez la voûte d'un pont dont les piliers se fragilisent : tant qu'elle tient, la forme est conservée ; quand elle cède, la sphère de la tête fémorale s'affaisse. C'est cet effondrement qui déforme l'articulation et conduit à l'arthrose de la hanche (coxarthrose).

Les causes principales sont bien identifiées :

  • les corticoïdes à forte dose, pris de façon prolongée pour une autre maladie ;
  • la consommation excessive d'alcool ;
  • la drépanocytose (maladie génétique des globules rouges) et certaines autres maladies du sang ;
  • un traumatisme : une fracture du col du fémur ou une luxation de la hanche peut interrompre la vascularisation de la tête ;
  • les chimiothérapies, qui peuvent entraîner une ostéonécrose aseptique ;
  • aucune cause retrouvée dans une partie des cas : on parle alors de nécrose « idiopathique ».

L'atteinte des deux hanches est possible, y compris à des stades différents. C'est l'une des raisons pour lesquelles votre chirurgien peut demander une imagerie des deux côtés, même si un seul est douloureux.

Quels sont les symptômes ? Suis-je concerné ?

Les signes les plus évocateurs d'une nécrose de la tête fémorale sont :

  • une douleur de l'aine, souvent d'apparition brutale — beaucoup de patients peuvent dater précisément le jour où elle a commencé ;
  • une douleur à l'appui : poser le pied, marcher ou rester debout réveille la douleur, alors que le repos la calme au début ;
  • une douleur lors des rotations de la hanche, par exemple pour pivoter, monter en voiture ou croiser les jambes ;
  • une boiterie et une réduction du périmètre de marche à mesure que la maladie progresse ;
  • parfois une irradiation vers la cuisse, voire le genou, comme dans la coxarthrose.

Le profil des patients diffère de celui de l'arthrose classique : la nécrose survient souvent chez des adultes encore en pleine activité professionnelle ou sportive, plus jeunes que les patients atteints de coxarthrose primitive. Une douleur d'aine persistante chez un patient traité par corticoïdes, ou après une fracture de hanche, doit y faire penser sans attendre.

Comment fait-on le diagnostic ?

L'examen clinique retrouve une douleur de l'aine reproduite par l'appui et les rotations de la hanche, avec une mobilité parfois longtemps conservée. La difficulté du diagnostic tient à un point essentiel : au stade précoce, les radiographies sont souvent normales, car l'os mort garde d'abord sa forme et sa densité apparente.

C'est pourquoi l'IRM est l'examen de référence au début de la maladie : elle montre la zone de nécrose bien avant toute déformation visible, précise son étendue et permet de classer la maladie en différents stades selon la gravité. Schématiquement, on distingue deux situations qui changent tout au traitement :

IRM des hanches montrant une ostéonécrose : la zone de nécrose apparaît en noir dans la tête fémorale, l'os sain en blanc
À l'IRM, l'os sain apparaît en blanc et la zone de nécrose en noir — ici comparée à une hanche normale.
  • avant l'effondrement : la tête fémorale est encore sphérique, le cartilage est intact — des traitements visant à sauver la tête restent possibles ;
  • après l'effondrement : la sphère s'est affaissée, l'articulation ne s'emboîte plus correctement et l'arthrose s'installe — le remplacement de l'articulation devient la solution de référence.

À un stade évolué, la radiographie standard suffit : elle montre la perte de sphéricité de la tête, puis les signes d'arthrose. Un scanner peut compléter le bilan, notamment pour préparer une chirurgie planifiée sur mesure à partir de votre anatomie.

Schéma en deux temps : la zone d'ostéonécrose dans la tête fémorale, puis l'effondrement de la tête fémorale
Le mécanisme en deux temps : la zone d'ostéonécrose fragilise la tête fémorale (à gauche), qui finit par s'effondrer (à droite).

Les traitements : on n'opère pas par défaut

À Santy Arthrose, la chirurgie n'est proposée que lorsqu'elle apporte un réel bénéfice. La stratégie dépend avant tout du stade de la nécrose au moment du diagnostic.

Au stade précoce, avant l'effondrement, le traitement repose d'abord sur des mesures simples :

  • la mise en décharge de la hanche : cannes anglaises pour réduire l'appui sur la tête fémorale fragilisée ;
  • les antalgiques (médicaments contre la douleur), adaptés à l'intensité des symptômes ;
  • le traitement de la cause quand c'est possible : réévaluation d'un traitement par corticoïdes avec le médecin prescripteur, arrêt de l'alcool, prise en charge d'une maladie du sang.

Au stade de l'effondrement, ces traitements ne suffisent plus : la tête déformée use le cartilage à chaque pas. Le traitement de référence est alors la prothèse totale de hanche (PTH), qui remplace la tête nécrosée et le cotyle par des implants. Les résultats de cette intervention sont le plus souvent très favorables sur la douleur et la mobilité, y compris chez les patients jeunes et actifs. Notre équipe la réalise selon deux techniques, sur mesure ou conventionnelle, choisies en fonction de votre anatomie, par voie antérieure et par voie postérieure.

Radiographie du bassin après pose d'une prothèse totale de hanche
Au stade de l'effondrement, le traitement de référence est la prothèse totale de hanche — la même que pour la coxarthrose.

Que se passe-t-il sans traitement ?

Contrairement à l'arthrose, qui évolue souvent sur de nombreuses années, la nécrose de la tête fémorale peut progresser en quelques mois une fois l'os fragilisé. Sans prise en charge :

  • la zone nécrosée s'étend et la charpente osseuse continue de s'affaiblir ;
  • la tête fémorale finit par s'effondrer, de façon parfois rapide ;
  • l'articulation déformée use son cartilage : une arthrose secondaire s'installe ;
  • la douleur devient permanente, présente au repos et la nuit ;
  • la boiterie et la perte du périmètre de marche retentissent sur les muscles, le dos et le moral.

Surtout, chaque stade franchi ferme des options. Une douleur de hanche persistante, même avec des radiographies normales, justifie donc de consulter et de discuter une IRM sans tarder.

Quand envisager la chirurgie ? Trop tôt ou trop tard ?

Pour la nécrose, la question du bon moment se pose différemment de la coxarthrose, car le stade de la maladie compte autant que la douleur.

Au stade précoce, le traitement repose sur le repos, la décharge, les antalgiques et les infiltrations, car un potentiel de cicatrisation est possible, avec disparition des douleurs.

Au stade de l'effondrement, rien ne sert en revanche de se précipiter vers la prothèse si la douleur reste supportable : la décision repose sur votre gêne quotidienne, vos nuits et votre qualité de vie, comme pour toute arthrose. Mais vivre des années avec une hanche effondrée et douloureuse n'est pas un objectif : la prothèse totale de hanche donne alors des résultats fiables et durables — selon les données publiées, de l'ordre de 90 % des prothèses restent fonctionnelles au-delà de 15 à 20 ans.

La bonne stratégie se construit avec un chirurgien, au cas par cas, en fonction du stade, de la cause et de votre mode de vie. C'est l'objet de la première consultation, qui n'engage à rien. Notre parcours patient en 7 étapes détaille ce qui vous attend, de la consultation au suivi.

Questions fréquentes

La nécrose de la tête fémorale peut-elle guérir toute seule ?

Rarement. Certaines nécroses de petite taille, découvertes très tôt, peuvent se stabiliser avec une mise en décharge de la hanche. Mais dans la majorité des cas, la maladie évolue vers l'effondrement de la tête fémorale. C'est pourquoi un diagnostic précoce, par IRM, change réellement les options de traitement.

Pourquoi ai-je une nécrose de hanche alors que je n'ai jamais eu d'accident ?

C'est fréquent : la nécrose de la tête fémorale n'est pas toujours d'origine traumatique. Les causes les plus courantes sont la prise prolongée de corticoïdes à forte dose, la consommation excessive d'alcool et certaines maladies du sang comme la drépanocytose. Dans une partie des cas, aucune cause n'est retrouvée : on parle de nécrose idiopathique.

L'IRM est-elle indispensable pour diagnostiquer une ostéonécrose ?

Oui, au stade précoce. Les radiographies sont souvent normales au début de la maladie, alors que l'os est déjà atteint. L'IRM est l'examen de référence : elle détecte la nécrose avant toute déformation et permet d'en mesurer l'étendue. À un stade plus avancé, la radiographie suffit à montrer l'effondrement de la tête et l'arthrose.

Suis-je trop jeune pour une prothèse de hanche ?

Non, il n'y a pas d'âge minimal. La nécrose touche souvent des patients plus jeunes que la coxarthrose classique, et la décision repose sur la douleur, la gêne et le stade de la maladie, pas sur la date de naissance. Selon les données publiées, de l'ordre de 90 % des prothèses restent fonctionnelles au-delà de 15 à 20 ans, et une planification adaptée à votre anatomie et à votre niveau d'activité fait partie de la préparation.

Sources et informations complémentaires : Arthrose de la hanche — Ameli.fr · Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT)

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