Le changement de prothèse, ou reprise, consiste à remplacer tout ou partie d'une prothèse de hanche ou de genou qui ne remplit plus son rôle : usure, descellement, instabilité ou infection. C'est une chirurgie spécialisée, plus technique qu'une première prothèse, qui exige un bilan précis de la cause avant toute décision.
Pourquoi une prothèse doit-elle parfois être changée ?
Les causes principales de reprise :
- l'usure : les surfaces de frottement, notamment l'insert en polyéthylène, s'usent avec les années ;
- le descellement : l'implant perd sa fixation à l'os, ce qui provoque des douleurs mécaniques à cause des micro-mouvements de la prothèse dans l'os ;
- l'instabilité : luxations à répétition d'une prothèse de hanche, mais aussi luxations d'une prothèse de genou ou de la rotule, et laxité douloureuse ;
- l'infection, précoce ou tardive, parfois à bas bruit ;
- la fracture autour de la prothèse (fracture périprothétique), après une chute ;
- des douleurs inexpliquées persistantes, qui exigent un bilan complet avant toute décision.

Si votre prothèse est simplement douloureuse sans diagnostic établi, commencez par nos pages dédiées au deuxième avis : prothèse de hanche douloureuse et prothèse de genou douloureuse. Le bilan précède toujours la chirurgie.
Le bilan avant toute reprise
Réopérer sans diagnostic précis expose à l'échec : nos chirurgiens ont publié une analyse de 1 170 réinterventions après prothèse de genou qui souligne l'importance d'identifier la cause exacte avant de réintervenir. Le bilan comprend, selon les cas :
- un examen clinique spécialisé et l'analyse de votre dossier opératoire ;
- des radiographies comparées aux clichés antérieurs ;
- un scanner pour analyser la fixation et les pertes osseuses ;
- un bilan biologique et, au moindre doute, une ponction articulaire à la recherche d'une infection ;
- parfois une scintigraphie osseuse.

La technique de reprise
Le principe : retirer les implants défaillants en préservant au maximum votre os, reconstruire les pertes osseuses si nécessaire (greffes, cales métalliques), puis implanter une nouvelle prothèse — souvent des implants de reprise spécifiques, à tiges plus longues ou plus contraints, et parfois des prothèses sur mesure, choisis selon les dégâts constatés.

Une expertise publiée sur les implants de reprise
À la hanche, nos chirurgiens ont montré l'intérêt des cupules à double mobilité en chirurgie de reprise : 3,8 % de luxations contre 13,5 % avec une cupule standard dans leur étude — la luxation étant l'une des complications les plus fréquentes des reprises. Au genou, l'équipe a publié sur le choix du niveau de contrainte des implants de reprise et sur les reprises permettant de conserver des implants standards.

L'intervention se déroule à l'Hôpital Privé Jean Mermoz. Sa durée et les suites dépendent fortement de la cause et de l'ampleur de la reconstruction : votre chirurgien vous présente un déroulé personnalisé, y compris la durée d'hospitalisation et le mode de rééducation attendus.

La récupération
Les repères de récupération d'une première prothèse (PTH, PTG) restent la base, avec en général quelques semaines supplémentaires : appui parfois protégé plus longtemps selon la reconstruction, rééducation plus progressive, suivi plus rapproché. En cas d'infection traitée, un traitement antibiotique prolongé accompagne la reprise.
Ce que vous pouvez attendre
L'objectif d'une reprise bien conduite est de retrouver une articulation stable, peu douloureuse et fonctionnelle. Les résultats sont très dépendants de la cause initiale : en général bons après une reprise pour usure ou descellement simple, plus progressifs et plus incertains après une reconstruction complexe ou une infection. C'est précisément ce que le bilan pré-opératoire permet d'anticiper : vous savez avant l'intervention ce qu'elle peut — et ne peut pas — vous apporter.
Questions fréquentes
Toute prothèse douloureuse doit-elle être changée ?
Non, loin de là. Beaucoup de douleurs sur prothèse relèvent d'un traitement sans nouvelle chirurgie : tendinite, rééducation inadaptée, douleur venant du dos ou d'une autre articulation. La reprise n'est décidée que si le bilan identifie une cause mécanique ou infectieuse précise que la chirurgie peut corriger.
Le changement de prothèse est-il plus lourd que la première opération ?
Oui, en général. Il faut retirer les implants en place en préservant l'os, reconstruire les éventuelles pertes osseuses, puis fixer de nouveaux implants souvent plus spécialisés. C'est pourquoi cette chirurgie doit être confiée à des équipes qui la pratiquent régulièrement. La récupération est en règle générale un peu plus longue que pour une première prothèse.
Ma première prothèse a été posée ailleurs : pouvez-vous quand même me prendre en charge ?
Oui. Vous êtes libre de consulter l'équipe de votre choix, quel que soit le lieu de la première intervention. Apportez si possible votre dossier : compte rendu opératoire, références des implants et imageries — ces éléments accélèrent le bilan.
Une nouvelle prothèse dure-t-elle aussi longtemps que la première ?
La longévité d'une prothèse de reprise est en moyenne un peu inférieure à celle d'une première prothèse, car l'os et les tissus ont déjà été opérés. Elle reste néanmoins durable dans la majorité des cas : le choix d'implants adaptés et une technique rigoureuse sont déterminants — c'est un des sujets de recherche de notre équipe.
Que se passe-t-il si ma prothèse est infectée ?
L'infection d'une prothèse impose une prise en charge spécialisée associant chirurgie et antibiotiques prolongés. Selon le délai et le germe, elle peut aller du lavage avec changement des pièces mobiles au changement complet de la prothèse, en un ou deux temps. Nos chirurgiens travaillent en lien avec des infectiologues référents.
Sources et informations complémentaires : Haute Autorité de Santé · SOFCOT · Publications de l'équipe sur PubMed




