La prothèse totale de genou (PTG) remplace les surfaces articulaires usées du fémur, du tibia et parfois de la rotule par des implants métalliques et un insert en polyéthylène. Elle traite la gonarthrose évoluée lorsque le traitement médical ne suffit plus. Environ 100 000 prothèses de genou sont posées chaque année en France.
Pour quelles pathologies ?
La prothèse totale de genou s'adresse aux usures évoluées touchant plusieurs compartiments du genou :
- la gonarthrose (arthrose du genou) globale ou touchant plusieurs compartiments ;
- l'arthrose post-traumatique : après fractures, méniscectomie ou lésions ligamentaires ;
- l'ostéonécrose du genou étendue ;
- certaines arthrites inflammatoires détruisant l'articulation.
Lorsqu'un seul compartiment est usé, une prothèse unicompartimentale (PUC) — plus conservatrice — peut être préférée : c'est l'un des choix que nous évaluons systématiquement avant de proposer une prothèse totale.
Nos techniques : robotique et sur mesure
C'est la spécificité de notre équipe à Lyon : nous disposons des deux approches de pointe de la prothèse de genou, et nous choisissons avec vous celle qui correspond à votre anatomie et à votre situation. Nos chirurgiens publient régulièrement sur ces techniques dans les revues internationales — y compris sur la manière dont robotique, intelligence artificielle et implants personnalisés transforment la chirurgie du genou.
La prothèse de genou robotisée
L'assistance robotique ne remplace pas le chirurgien : elle guide son geste. Nous utilisons un robot sans imagerie pré-opératoire : pendant l'intervention, nous réalisons à l'aide du robot un « modèle virtuel » de votre genou, qui reproduit votre anatomie et permet de planifier au mieux la prothèse. Le robot aide ensuite à réaliser des coupes osseuses à 0,5 millimètre près, en tenant compte de la tension de vos ligaments. Le chirurgien garde la main à chaque instant et valide chaque étape. Bénéfices attendus : un implant positionné selon le plan prévu et un genou équilibré, y compris dans les déformations importantes — nos chirurgiens ont publié sur la correction robotisée des genoux enraidis en flexion.

La prothèse de genou sur mesure
Ici, c'est l'implant lui-même qui est fabriqué pour vous. À partir d'un scanner, votre genou est modélisé en 3D et la prothèse reproduit votre anatomie d'avant l'arthrose — plutôt que d'imposer une forme standard à votre os. Cette philosophie de la « chirurgie personnalisée » a été conçue et développée par les fondateurs de notre équipe, les Drs Bonnin et Aït Si Selmi, et l'équipe en a publié la technique opératoire de référence en 2026 (article co-signé par les Drs Schmidt et Sappey-Marinier).
Ce que montrent les essais randomisés publiés par l'équipe :
- un temps opératoire réduit d'environ 10 minutes par rapport à une prothèse standard (étude sur l'efficience au bloc, 2024) ;
- un meilleur positionnement de la rotule — bascule rotulienne moyenne de 1,0° contre 2,5°, sur 385 patients tirés au sort (étude randomisée, 2024), un facteur associé aux douleurs antérieures du genou ;
- de bons résultats quel que soit le degré de déformation initiale (126 patients suivis au moins 2 ans).
Dans une étude menée par notre équipe, la prothèse de genou sur mesure associée à un alignement personnalisé s'accompagnait d'un taux de satisfaction d'environ 94 % à au moins 2 ans de recul (Gousopoulos, Aït Si Selmi, Bonnin et coll., 2023). Comme toute donnée d'étude, ce résultat dépend des patients inclus et ne préjuge pas d'un cas individuel.

Robotique ou sur mesure : comment choisit-on ?
C'est la question que beaucoup de patients nous posent en consultation. La réponse n'est pas la même pour tout le monde, car il n'existe pas de technique « meilleure » dans l'absolu : il existe une technique la plus adaptée à votre genou. La chirurgie robotique du genou et la prothèse sur mesure du genou répondent en effet à deux logiques différentes, complémentaires plutôt que concurrentes.
La prothèse de genou robotisée agit sur le geste : le robot aide à réaliser des coupes osseuses très précises et à équilibrer les ligaments en temps réel, avec des implants de série disponibles en de nombreuses tailles. Elle ne nécessite pas de scanner : le modèle du genou est construit pendant l'intervention. La prothèse sur mesure du genou agit, elle, sur l'implant : la pièce est dessinée à partir d'un scanner de votre articulation, pour reproduire votre anatomie d'avant l'arthrose. Dans un cas, on personnalise la manière de poser ; dans l'autre, on personnalise l'objet posé.
Pour orienter le choix, votre chirurgien examine plusieurs éléments :
- votre anatomie : certaines formes de genou, un fémur particulièrement fin ou large, une rotule instable, se prêtent mieux à un implant conçu pour vous ;
- l'importance et le type de déformation : un genou très dévié « en dedans » (varus) ou « en dehors » (valgus), ou enraidi, tire parti de la précision de coupe et de l'équilibrage que permet la chirurgie personnalisée assistée par robot ;
- vos attentes et votre mode de vie : le niveau d'activité, la pratique sportive, les exigences de votre métier entrent dans la discussion ;
- vos antécédents : fractures anciennes, matériel déjà en place, chirurgies antérieures du genou.
Un point mérite d'être clair : ces deux approches ne s'excluent pas. Un implant sur mesure peut être posé avec l'aide de la planification et des guides personnalisés ; une prothèse de série peut être implantée sous assistance robotique. L'objectif reste le même — un genou stable, bien aligné, confortable — et le chemin pour y parvenir se décide avec vous.
Enfin, quelle que soit la technique retenue, la décision et le geste restent ceux du chirurgien. Le robot est un instrument de précision, la modélisation 3D est un plan : ni l'un ni l'autre n'opèrent à votre place. C'est l'expérience de l'équipe, nourrie par une activité de recherche continue sur la chirurgie personnalisée du genou, qui transforme ces outils en résultat.
PTG ou prothèse partielle (PUC) : quelle différence ?
Avant de proposer une prothèse totale, nous vérifions systématiquement si une prothèse plus conservatrice suffit. Lorsque l'usure ne touche qu'un seul des trois compartiments du genou, la prothèse unicompartimentale (PUC) — aussi appelée prothèse partielle — permet de ne remplacer que la zone abîmée et de préserver le reste de l'articulation. Voici, en résumé, ce qui distingue les deux interventions.
| Critère | Prothèse totale (PTG) | Prothèse partielle (PUC) |
|---|---|---|
| Étendue de l'usure | Plusieurs compartiments atteints | Un seul compartiment usé |
| Os et cartilage retirés | Surfaces des trois compartiments | Uniquement le compartiment abîmé |
| Ligaments croisés | Souvent sacrifiés ou remplacés par l'implant | Conservés |
| Sensation du genou | Genou fiable, parfois perçu comme « mécanique » | Ressenti souvent plus proche du genou naturel |
| Récupération | Rééducation active, résultat complet en 6 à 12 mois | En général plus rapide |
Le choix se fait au cas par cas, sur l'imagerie et l'examen clinique. La prothèse partielle n'est possible que si les autres compartiments et les ligaments sont sains ; sinon, la prothèse totale reste la solution la plus fiable et la plus durable. Nos chirurgiens pratiquent et publient sur ces deux techniques — vous n'avez donc pas à choisir entre conservation et fiabilité : nous choisissons avec vous l'intervention la plus adaptée à votre genou.
Pour qui ? À quel moment ?
La prothèse totale de genou se décide sur trois critères : une usure confirmée par les radiographies, une gêne quotidienne réelle (douleur, périmètre de marche, escaliers, sommeil) et l'échec du traitement médical — antalgiques, kinésithérapie, infiltrations. L'âge n'est pas un critère en soi : nous opérons des patients actifs de tous âges, y compris des sportifs souffrant d'arthrose précoce après un traumatisme.
Notre patientèle vient de Lyon et de l'est lyonnais, mais aussi de Valence, de l'Ardèche et de la Savoie ; l'organisation des consultations et du suivi en tient compte, en coordination avec votre médecin traitant et votre kinésithérapeute.
Le déroulement de l'intervention
Avant : consultation et préparation
Une fois l'indication posée, le bilan pré-opératoire comprend la consultation d'anesthésie, le dépistage des foyers infectieux (dentaires, urinaires) et, pour la prothèse sur mesure, l'imagerie de planification. Le déroulé complet est décrit dans le parcours patient en 7 étapes.
Le jour J
L'intervention a lieu à l'Hôpital Privé Jean Mermoz, sous anesthésie générale ou rachianesthésie, et dure environ 1 heure à 1 h 30. Le chirurgien retire le cartilage usé, prépare les coupes osseuses — guidées par le robot ou par les guides sur mesure — puis fixe les implants et vérifie la mobilité, la stabilité et le trajet de la rotule.

L'hospitalisation
La rééducation commence le jour même : premier lever et premiers pas accompagnés d'un kinésithérapeute. L'hospitalisation dure en général 1 à 3 nuits. Le retour à domicile avec kinésithérapie en cabinet est la règle ; le centre de rééducation est réservé aux situations qui le justifient.
Anesthésie et gestion de la douleur
La crainte de la douleur est l'une des plus fréquentes avant une prothèse de genou. Elle est légitime, mais la prise en charge de la douleur a beaucoup progressé : elle commence dès le bloc opératoire et se poursuit tout au long de la rééducation.
Le choix de l'anesthésie se décide avec le médecin anesthésiste lors de la consultation dédiée. Deux options principales existent :
- la rachianesthésie : un anesthésique est injecté au bas du dos ; il endort la moitié inférieure du corps le temps de l'intervention, sans vous endormir complètement. Vous restez confortablement détendu, souvent sous une légère sédation ;
- l'anesthésie générale : vous dormez pendant toute l'intervention. Elle est proposée selon vos antécédents et vos préférences.
Pendant l'opération, le chirurgien réalise fréquemment une infiltration locale du genou : un mélange d'anesthésiques est déposé directement dans les tissus autour de l'articulation, ce qui prolonge le confort dans les heures qui suivent le réveil.
Nous réalisons également de la cryothérapie, avec des attelles spécifiques : le froid appliqué sur le genou opéré calme la douleur et limite les hématomes.
Après l'intervention, la douleur est traitée par un protocole antalgique multimodal : plusieurs médicaments d'action différente sont associés, à doses adaptées, pour agir sur plusieurs mécanismes de la douleur en même temps. Cette stratégie limite le recours aux antalgiques les plus forts et leurs effets indésirables. L'objectif est concret : que vous puissiez vous lever, plier le genou et commencer la rééducation dès le jour de l'opération dans des conditions confortables. Les premières semaines restent exigeantes — le genou est une articulation qui se rééduque activement — mais la douleur est encadrée à chaque étape, et vous n'êtes jamais seul face à elle.
Préparer votre intervention et votre domicile
Une intervention bien préparée se récupère mieux. Dans les semaines qui précèdent, quelques gestes simples facilitent votre retour à la maison et votre rééducation.
Se préparer physiquement
- Arrêter le tabac est vivement conseillé : le sevrage, même temporaire, améliore la cicatrisation et réduit le risque de complications. Votre médecin peut vous accompagner dans cette démarche.
- Entretenir votre forme avant l'opération aide à mieux récupérer : marche, vélo d'appartement, renforcement doux des cuisses. Une kinésithérapie pré-opératoire est parfois proposée pour travailler la mobilité et la musculature avant le jour J.
- Signaler tout foyer d'infection (dentaire, urinaire, cutané) : il sera traité avant la chirurgie, car une infection à distance peut menacer la prothèse.
Préparer votre logement
- dégagez les tapis et les fils qui traînent, sources de chute, et assurez un bon éclairage des passages ;
- placez à portée de main les objets du quotidien, pour éviter de vous baisser ou de monter sur un escabeau ;
- prévoyez une chaise stable, un tabouret de douche et, si besoin, un rehausseur de toilettes ; votre équipe soignante vous indiquera les aides utiles à votre situation ;
- organisez un peu d'aide pour les premiers jours : courses, ménage, transport aux séances de kinésithérapie.
Ces conseils sont généraux : les recommandations précises, l'ordonnance de kinésithérapie et le matériel éventuel vous sont remis lors des consultations, en fonction de votre intervention et de votre domicile.
Vous venez de Valence, de l'Ardèche ou de la Savoie ?
Notre patientèle ne se limite pas à Lyon et à l'est lyonnais. Beaucoup de patients viennent de plus loin pour bénéficier de la chirurgie robotique du genou et de la prothèse sur mesure : de Valence et de la vallée du Rhône, de l'Ardèche, ou encore de Savoie. Nous organisons leur parcours pour limiter les déplacements.
Concrètement, lorsque vous habitez loin de Lyon, nous cherchons à regrouper les étapes : la consultation qui pose l'indication, le bilan pré-opératoire et l'imagerie de planification peuvent souvent être coordonnés pour éviter les allers-retours inutiles. Certains échanges de suivi peuvent se faire à distance lorsque c'est pertinent, en complément des consultations de contrôle.
Après l'intervention, votre rééducation se déroule près de chez vous : nous travaillons en lien avec votre kinésithérapeute et votre médecin traitant, à qui les consignes et les comptes rendus sont transmis. Vous bénéficiez ainsi de l'expertise d'une équipe hyperspécialisée à Lyon, tout en étant suivi au quotidien à proximité de votre domicile, que vous soyez de la Drôme, de l'Ardèche ou de la Savoie.
La récupération, jour par jour
Le genou se rééduque activement : la régularité des exercices compte plus que leur intensité. Repères moyens, à adapter avec votre équipe soignante :
| Étape | Délai habituel |
|---|---|
| Premier lever et premiers pas | Jour de l'opération, avec le kinésithérapeute |
| Retour à domicile | 1 à 3 nuits d'hospitalisation |
| Marche avec cannes | 4 à 6 semaines, sevrage progressif |
| Flexion à 90° (s'asseoir confortablement) | 2 à 4 semaines |
| Conduite automobile | 4 à 8 semaines |
| Reprise du travail (poste sédentaire) | 6 à 8 semaines |
| Reprise du travail (poste physique) | 3 à 4 mois, selon le poste |
| Vélo d'appartement | 4 à 6 semaines |
| Randonnée, golf, natation | À partir de 3 mois |
| Résultat définitif (force, aisance, oubli du genou) | 6 à 12 mois |
Ce que vous pouvez attendre de l'intervention
L'objectif est clair : soulager durablement la douleur d'arthrose et restaurer une mobilité confortable. La plupart des patients retrouvent une marche sans douleur, les escaliers, le vélo et leurs activités de loisir. Le genou prothétique reste un genou opéré : certains patients perçoivent des sensations différentes (clics occasionnels, genou moins « oublié » que la hanche), surtout la première année — la progression se poursuit jusqu'à 12 mois, parfois davantage.
C'est précisément pour rapprocher le genou opéré du genou naturel que notre équipe a investi la chirurgie personnalisée : restaurer votre anatomie plutôt qu'une anatomie standard.

Les risques, honnêtement
- Suites normales : gonflement du genou pendant plusieurs semaines à quelques mois, chaleur locale, ecchymoses, douleurs de rééducation — elles ne sont pas des complications.
- Raideur : la complication fonctionnelle la plus fréquente, prévenue par une rééducation régulière ; rarement, une mobilisation sous anesthésie est nécessaire.
- Infection : elle survient dans 0,5 à 1 % des cas. C'est une complication grave : elle impose de réopérer et de suivre un traitement antibiotique prolongé. Elle est prévenue par le dépistage pré-opératoire et l'antibioprophylaxie.
- Phlébite et embolie : prévenues par anticoagulants et lever précoce.
- Douleurs résiduelles : un petit pourcentage de patients garde des douleurs inexpliquées malgré une prothèse bien posée ; notre activité de deuxième avis est dédiée à ces situations.
- À long terme : usure ou descellement pouvant conduire à un changement de prothèse (reprise).
Questions fréquentes
Combien de temps dure une prothèse de genou ?
Une prothèse de genou dure en moyenne 15 à 20 ans, et les implants récents laissent espérer davantage. Nos chirurgiens ont publié un essai avec plus de 10 ans de recul sur des implants d'ancienne génération ; les prothèses et techniques actuelles (robotique, sur mesure) visent une longévité supérieure.
Quels sont les bénéfices de la chirurgie robotique du genou ?
Le robot chirurgical est un instrument de précision guidé par le chirurgien : il permet de positionner les coupes osseuses au degré et au millimètre près, en fonction de l'équilibre ligamentaire propre à votre genou. L'objectif est un genou mieux équilibré, plus naturel — le geste reste entièrement contrôlé par le chirurgien.
Qu'apporte la prothèse de genou sur mesure ?
La prothèse sur mesure est fabriquée à partir d'une modélisation 3D de votre genou : sa forme reproduit votre anatomie d'avant l'arthrose. Dans les études randomisées publiées par nos chirurgiens, elle a montré un temps opératoire réduit d'environ 10 minutes et un meilleur positionnement de la rotule qu'une prothèse standard.
Est-ce douloureux ? Vais-je souffrir longtemps après l'opération ?
La douleur post-opératoire est aujourd'hui bien contrôlée par des protocoles associant plusieurs antalgiques et l'anesthésie locale du genou. Les premières semaines restent exigeantes — le genou est une articulation qui se rééduque activement — mais la douleur d'arthrose, elle, régresse le plus souvent nettement. Comptez plusieurs mois pour un résultat complet.
Peut-on opérer les deux genoux en même temps ?
Oui, et nous réalisons régulièrement ces interventions bilatérales : les deux genoux sont opérés dans le même temps opératoire. Cela évite une seconde hospitalisation et une seconde rééducation.
La décision se prend au cas par cas, selon votre âge, votre état de santé et votre entourage : lorsque ces conditions sont réunies, l'intervention bilatérale est une option que nous proposons volontiers. Dans les autres situations, les deux genoux sont opérés en deux temps, espacés de quelques mois.
Mon genou est très déformé : est-ce trop tard pour une prothèse sur mesure ?
Non. Une étude publiée par nos chirurgiens sur 126 patients montre de bons résultats de la prothèse personnalisée quel que soit le degré de déformation initiale du genou. Les déformations importantes demandent simplement une planification plus rigoureuse — c'est notre quotidien.
Sources et informations complémentaires : Arthrose du genou — Ameli.fr · Haute Autorité de Santé · SOFCOT · Publications de l'équipe sur PubMed




