La prothèse totale de hanche (PTH) remplace l'articulation usée par un implant : une tige dans le fémur portant une tête sphérique, et une cupule dans le bassin. Elle soulage durablement la douleur de la coxarthrose évoluée et restaure la marche. Environ 165 000 prothèses de hanche sont posées chaque année en France.

Pour quelles pathologies ?
La prothèse totale de hanche est le traitement chirurgical de référence lorsque l'articulation est détruite et que le traitement médical ne suffit plus. Les principales indications que nous prenons en charge :
- la coxarthrose (arthrose de la hanche), de loin la plus fréquente ;
- la nécrose de la tête fémorale au stade d'effondrement ;
- l'arthrose précoce sur dysplasie de hanche ou conflit fémoro-acétabulaire — des anatomies particulières où la planification sur mesure prend tout son sens ;
- l'arthrose post-traumatique après fracture du cotyle ou du fémur.

Nos techniques : sur mesure ou conventionnelle
La prothèse de hanche sur mesure
Chaque hanche a une géométrie propre : longueur et courbure du fémur, orientation du col, forme du bassin. La chirurgie sur mesure part d'une modélisation 3D de votre anatomie (scanner) pour planifier précisément la taille, la position et l'orientation des implants — voire concevoir un implant adapté à votre os quand votre anatomie le justifie. Objectifs : restaurer la longueur de votre jambe et la biomécanique naturelle de votre hanche.
Les fondateurs de notre équipe, les Drs Bonnin et Aït Si Selmi, ont développé la prothèse de genou sur mesure ; leurs travaux sur l'adaptation de l'implant à l'anatomie font référence et nourrissent notre pratique de la hanche. Voir par exemple leurs travaux sur l'ajustement des implants : étude PubMed.
La prothèse de hanche conventionnelle
La technique conventionnelle utilise des implants standards existant dans de nombreuses tailles, choisis lors d'une planification pré-opératoire sur le scanner. Éprouvée depuis des décennies, elle donne d'excellents résultats dans la grande majorité des anatomies. Votre chirurgien vous explique en consultation laquelle des deux approches est la plus adaptée à votre cas — la hanche, contrairement au genou, ne fait pas appel à l'assistance robotique.
Dans les deux cas, le choix des implants bénéficie des travaux de recherche de l'équipe : cupules à double mobilité pour réduire le risque de luxation chez les patients qui y sont exposés (luxations 12 fois plus fréquentes avec les cupules standard dans l'étude de nos chirurgiens), tiges fémorales préservant le capital osseux.

Sur mesure ou conventionnelle : comment choisit-on ?
Contrairement au genou, la hanche ne fait pas appel à l'assistance robotique. Le choix se pose entre deux approches : la prothèse de hanche sur mesure et la prothèse conventionnelle. Aucune n'est « meilleure » en soi — l'une ou l'autre est plus adaptée selon votre anatomie et votre histoire. Ce choix se discute avec vous en consultation, à partir de votre imagerie.
Plusieurs éléments guident la décision :
- votre anatomie : la longueur et la courbure de votre fémur, l'orientation du col, la forme de votre bassin. Une anatomie très particulière tire parti d'une planification sur mesure, qui reproduit fidèlement votre géométrie ;
- les séquelles et malformations : une dysplasie de hanche, une hanche opérée dans l'enfance, une fracture ancienne ou un fémur déformé sont autant de situations où la chirurgie personnalisée de la hanche prend tout son sens ;
- la préservation osseuse : chez les patients dont on souhaite épargner au maximum le capital osseux, le choix de la tige et de son ancrage est adapté en conséquence ;
- vos attentes : niveau d'activité, sport, exigences du quotidien.
Dans les deux cas, l'intervention repose sur une planification 3D lorsqu'elle est indiquée : à partir d'un scanner, votre hanche est modélisée pour anticiper la taille, la position et l'orientation des implants, restaurer la longueur de votre jambe et retrouver la biomécanique naturelle de l'articulation. La prothèse conventionnelle, éprouvée depuis des décennies, s'appuie sur des implants de série existant en de très nombreuses tailles et donne d'excellents résultats dans la grande majorité des anatomies.
Là encore, la technologie ne remplace pas le chirurgien : la planification est un plan, l'implant sur mesure est un outil. C'est l'expérience de l'équipe, et son activité de recherche sur l'adaptation des implants à l'anatomie, qui font la différence sur le résultat.
La double mobilité : prévenir la luxation
La luxation, c'est-à-dire le déboîtement de la prothèse, est l'une des complications historiques de la chirurgie de la hanche. Elle est aujourd'hui devenue rare, notamment grâce à un type d'implant sur lequel nos chirurgiens ont publié : la cupule à double mobilité.
Le principe est simple. Dans une prothèse classique, la tête sphérique bouge dans une seule cupule. Dans une prothèse à double mobilité, la tête est logée dans un insert mobile qui se déplace lui-même à l'intérieur de la cupule : il existe donc deux surfaces de mouvement au lieu d'une. Ce montage augmente l'amplitude et la stabilité de l'articulation, ce qui rend le déboîtement beaucoup moins probable.
Ce bénéfice est mesuré. Dans l'étude publiée par nos chirurgiens comparant les cupules standard et les cupules à double mobilité en première intention, les luxations étaient 12 fois plus fréquentes avec les cupules standard. C'est un argument fort chez les patients les plus exposés au risque de luxation.
La double mobilité n'est pas systématique : elle est proposée lorsque la situation le justifie. On y pense en particulier chez les patients présentant un relâchement musculaire, des troubles de l'équilibre ou neurologiques, une amplitude articulaire importante, ou lors des reprises de prothèse. Le choix de l'implant est, comme toujours, adapté à votre situation personnelle et discuté en consultation.
Pour qui ? À quel moment ?
Il n'existe pas d'âge type pour une prothèse de hanche. La décision repose sur trois éléments : une usure confirmée par l'imagerie, une douleur et une gêne qui retentissent sur votre vie quotidienne, et l'échec d'un traitement médical bien conduit (antalgiques, kinésithérapie, infiltrations). Notre patientèle va du sportif jeune opéré pour une dysplasie ou une nécrose au patient de plus de 80 ans en bonne santé — chaque situation est évaluée individuellement.
Beaucoup de nos patients viennent de l'est lyonnais, mais aussi de Valence, de l'Ardèche ou de la Savoie : la consultation et la chirurgie sont organisées pour limiter les allers-retours, et le suivi peut être coordonné avec votre médecin et votre kinésithérapeute près de chez vous.
Le déroulement de l'intervention
Avant : consultation et préparation
Après la consultation qui pose l'indication, un bilan pré-opératoire est organisé : consultation d'anesthésie, bilan dentaire et urinaire pour écarter tout foyer infectieux, imagerie de planification (scanner en cas de chirurgie sur mesure). Les 7 étapes sont détaillées dans le parcours patient.
Le jour J
L'intervention se déroule à l'Hôpital Privé Jean Mermoz, sous anesthésie générale ou rachianesthésie (décidée avec l'anesthésiste). Elle dure environ une heure. Il existe plusieurs techniques, appelées voies d'abord : notre équipe réalise la voie antérieure et la voie postérieure. Le chirurgien retire la tête fémorale usée, prépare le cotyle, puis met en place la cupule et la tige fémorale planifiées. La longueur de jambe et la stabilité sont contrôlées avant la fermeture.

L'hospitalisation
Le premier lever a lieu le jour même ou le lendemain, avec un kinésithérapeute. L'hospitalisation dure en général de 1 à 2 nuits — plus court que pour une prothèse de genou ; une prise en charge en ambulatoire est possible dans certaines situations. Le retour se fait à domicile dans la grande majorité des cas, avec des séances de kinésithérapie en cabinet ; un séjour en centre de rééducation est réservé à des situations particulières.
Anesthésie et gestion de la douleur
La prothèse de hanche est réputée pour être l'une des interventions les mieux tolérées de la chirurgie orthopédique. La prise en charge de la douleur commence dès le bloc opératoire et se poursuit pendant toute la récupération.
Le type d'anesthésie est décidé avec le médecin anesthésiste lors de la consultation dédiée. Deux options principales existent :
- la rachianesthésie : un anesthésique injecté au bas du dos endort la moitié inférieure du corps le temps de l'intervention, sans vous endormir totalement. Vous restez détendu, le plus souvent sous une légère sédation ;
- l'anesthésie générale : vous dormez durant toute l'opération. Elle est retenue selon vos antécédents et vos préférences.
Après l'intervention, la douleur est traitée par un protocole antalgique multimodal : plusieurs médicaments d'action complémentaire sont associés pour agir sur différents mécanismes de la douleur, à doses adaptées. Cette approche limite le recours aux antalgiques les plus puissants et leurs effets indésirables. L'objectif est direct : permettre le lever précoce, dès le jour de l'opération ou le lendemain, et une remise en marche confortable. Chez la plupart des patients, la douleur d'arthrose qui gênait depuis des mois disparaît dès les premiers jours ; il reste à laisser cicatriser et à retrouver la force musculaire.
Préparer votre intervention et votre domicile
Une intervention bien préparée se récupère mieux. Quelques dispositions simples, dans les semaines qui précèdent, facilitent votre retour à la maison.
Se préparer physiquement
- Le dépistage des foyers infectieux (dentaire, urinaire, cutané) fait partie du bilan pré-opératoire : toute infection à distance est traitée avant la chirurgie, car elle pourrait menacer la prothèse.
- L'arrêt du tabac est vivement conseillé : même temporaire, le sevrage améliore la cicatrisation et réduit le risque de complications.
- Entretenir votre activité avant l'opération, dans la limite de vos douleurs, aide à mieux récupérer : marche, vélo, piscine si vous le pouvez.
Préparer votre logement
- retirez les tapis et les obstacles au sol, sources de chute, et soignez l'éclairage des passages ;
- placez les objets du quotidien à hauteur, pour éviter de vous baisser excessivement les premières semaines ;
- prévoyez un siège stable, un tabouret de douche et, si besoin, un rehausseur de toilettes ; ces aides simplifient les gestes du quotidien pendant la convalescence ;
- organisez un peu d'aide pour les premiers jours : courses, ménage, trajets vers la kinésithérapie.
Ces conseils sont généraux. Les recommandations précises, l'ordonnance de kinésithérapie et les éventuelles précautions posturales vous sont remises en consultation, en fonction de votre intervention.
Vous venez de Valence, de l'Ardèche ou de la Savoie ?
Beaucoup de nos patients ne résident pas à Lyon. Ils viennent de Valence et de la vallée du Rhône, de l'Ardèche ou de Savoie, pour bénéficier de la prothèse de hanche sur mesure et de l'expertise de l'équipe. Leur parcours est organisé pour limiter les déplacements.
Lorsque vous habitez loin de Lyon, nous cherchons à regrouper les étapes : la consultation qui pose l'indication, la consultation d'anesthésie, le bilan pré-opératoire et l'imagerie de planification peuvent souvent être coordonnés pour éviter les allers-retours inutiles. Certains échanges de suivi peuvent se faire à distance lorsque c'est pertinent, en complément des consultations de contrôle.
Votre rééducation, elle, se déroule près de chez vous. Nous travaillons en lien avec votre kinésithérapeute et votre médecin traitant, à qui les consignes et les comptes rendus opératoires sont transmis. Vous profitez ainsi de la chirurgie d'une équipe hyperspécialisée à Lyon, tout en étant suivi au quotidien à proximité, que vous soyez de la Drôme, de l'Ardèche ou de la Savoie.
La récupération, jour par jour
Ces repères sont des moyennes constatées : votre chirurgien et votre kinésithérapeute les adapteront à votre situation.
| Étape | Délai habituel |
|---|---|
| Premier lever et premiers pas | Jour de l'opération ou lendemain, avec le kinésithérapeute |
| Retour à domicile | 1 à 2 nuits d'hospitalisation |
| Marche avec cannes | 2 à 6 semaines, sevrage progressif |
| Escaliers | Dès la première semaine, avec appui sur la rampe |
| Conduite automobile | 4 à 6 semaines |
| Reprise du travail (poste sédentaire) | 6 à 8 semaines |
| Reprise du travail (poste physique) | 3 à 6 mois, selon le poste |
| Vélo, natation | 6 à 8 semaines |
| Randonnée, golf, sports doux | À partir de 3 mois |
| Consultations de contrôle | Environ 6 semaines, 3 mois, puis suivi régulier avec radiographies |
Ce que vous pouvez attendre de l'intervention
La prothèse totale de hanche est réputée être l'une des interventions chirurgicales au meilleur rapport bénéfice/risque : la douleur d'arthrose disparaît dans la grande majorité des cas, souvent dès les premières semaines, et la marche se normalise progressivement. La plupart de nos patients oublient leur prothèse dans la vie quotidienne et reprennent marche, vélo, natation, randonnée ou golf.
Des objectifs réalistes restent de mise : une raideur résiduelle modérée, des douleurs occasionnelles la première année ou une sensation de jambe différente peuvent s'observer le temps que les muscles retrouvent leur force. La qualité du résultat dépend aussi de votre participation : kinésithérapie, marche régulière, contrôle du poids.
Les risques, honnêtement
Le « risque zéro » n'existe pas en chirurgie. Distinguons les suites normales des complications, rares mais réelles :
- Suites normales (elles ne sont pas des complications) : gonflement de la cuisse, ecchymoses, douleurs modérées les premières semaines, fatigue.
- Luxation (déboîtement) : rare, prévenue par le choix des implants — notamment la double mobilité chez les patients à risque — et par quelques précautions posturales les premières semaines.
- Infection : complication la plus redoutée, elle survient dans 0,5 à 1 % des cas et nécessite une reprise chirurgicale. Elle est prévenue par le dépistage pré-opératoire des foyers infectieux et une antibioprophylaxie.
- Phlébite et embolie : prévenues par un traitement anticoagulant et le lever précoce.
- Inégalité de longueur des jambes : le plus souvent minime ; la planification, notamment sur mesure, vise précisément à l'éviter.
- À long terme : usure ou descellement de l'implant, pouvant nécessiter un changement de prothèse (reprise) au cours de la vie de l'implant — situation qui ne concerne qu'une minorité de patients.
Chacun de ces points est abordé en consultation, sans dramatisation ni minimisation : bien informé, vous décidez en connaissance de cause.
Une équipe dédiée, une expertise publiée
Les 4 chirurgiens de Santy Arthrose se consacrent exclusivement à la chirurgie prothétique de la hanche et du genou. Cette hyperspécialisation s'appuie sur une activité scientifique continue : travaux sur la double mobilité, sur l'adaptation des implants à l'anatomie et sur les reprises de prothèses, publiés dans les revues internationales d'orthopédie — retrouvez-les sur les fiches des chirurgiens de l'équipe.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une prothèse de hanche ?
À titre indicatif, la plupart des prothèses de hanche fonctionnent encore au-delà de 15 à 20 ans (de l'ordre de 90 % des cas dans les grandes séries), avec une variabilité selon les patients et leur mode de vie. Les implants actuels, et notamment les couples de frottement modernes, laissent espérer des durées supérieures. C'est aussi pourquoi l'intervention n'est proposée que lorsque le traitement médical ne suffit plus.
La prothèse de hanche est-elle posée avec un robot ?
Non. Dans notre équipe, la prothèse de hanche est réalisée selon deux techniques : sur mesure, avec une planification 3D précise de votre anatomie, ou conventionnelle. L'assistance robotique est réservée à la chirurgie prothétique du genou.
Vais-je marcher dès le lendemain de l'opération ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Le premier lever, accompagné d'un kinésithérapeute, a lieu le jour même ou le lendemain de l'intervention. La marche reprend d'emblée avec des cannes, abandonnées progressivement en quelques semaines.
Pourrai-je refaire du sport avec une prothèse de hanche ?
Oui. La marche, le vélo, la natation, la randonnée ou le golf sont repris par la plupart des patients, en général à partir du troisième mois. Il n'y a pas de restriction sportive, à condition qu'il s'agisse de sports que vous maîtrisiez auparavant.
Existe-t-il un risque de luxation (déboîtement) de la prothèse ?
Oui, c'est un risque connu mais devenu rare. Nos chirurgiens ont publié sur les cupules à double mobilité, qui réduisent fortement ce risque : dans leur étude, les luxations étaient 12 fois plus fréquentes avec les cupules standard qu'avec la double mobilité. Le choix de l'implant est adapté à votre situation.
L'opération est-elle possible après 80 ans ?
Oui. La décision dépend de votre état de santé général et de votre gêne, pas d'un âge limite. Le bilan pré-opératoire, notamment la consultation d'anesthésie, vérifie que l'intervention peut être réalisée dans de bonnes conditions de sécurité.
Sources et informations complémentaires : Arthrose de la hanche — Ameli.fr · Haute Autorité de Santé · SOFCOT




