La gonarthrose est l'arthrose du genou : une usure progressive du cartilage qui recouvre les extrémités du fémur, du tibia et de la rotule. Elle provoque douleurs, raideur et gonflements du genou, et touche environ 30 % des personnes de 65 à 75 ans — c'est l'arthrose la plus fréquente des membres inférieurs.
Comprendre l'arthrose du genou
Le genou est l'articulation entre trois os : le fémur, le tibia et la rotule. Leurs surfaces de contact sont recouvertes de cartilage, complété par les deux ménisques qui jouent le rôle d'amortisseurs. L'ensemble fonctionne comme une charnière parfaitement huilée, stabilisée par les ligaments.
Dans la gonarthrose, le cartilage et les ménisques s'amincissent et se fissurent — comme la semelle d'une chaussure qui s'use davantage du côté où l'on appuie le plus. Le genou comporte trois « compartiments », et l'usure peut n'en toucher qu'un seul : le compartiment fémoro-tibial interne ou externe (entre fémur et tibia, de l'ordre de 45 à 50 % des cas selon l'Assurance Maladie), ou le compartiment fémoro-patellaire (derrière la rotule, environ un tiers des cas) . Cette répartition est importante : elle conditionne le choix entre prothèse unicompartimentale et prothèse totale.
L'arthrose du genou survient le plus souvent après 60 ans, sans cause unique : l'âge, l'hérédité, le surpoids, un axe de jambe arqué (genu varum) ou en X (genu valgum) y contribuent. Chez des patients plus jeunes, elle fait fréquemment suite à un traumatisme : fracture, rupture du ligament croisé ou ablation d'un ménisque.
Quels sont les symptômes ? Suis-je concerné ?
- La douleur, d'abord mécanique : elle apparaît à la marche, dans les escaliers (surtout à la descente), au relevé d'une chaise, et se calme au repos. Avec le temps, elle peut devenir plus fréquente, voire nocturne lors des poussées.
- La raideur : un dérouillage de quelques minutes le matin ou après une position assise prolongée ; s'accroupir ou s'agenouiller devient difficile.
- Le gonflement : le genou produit du liquide en excès (épanchement de synovie) lors des poussées inflammatoires.
- Les sensations d'instabilité : le genou qui « lâche » ou qui accroche, par atteinte du cartilage et affaiblissement du quadriceps.
- La boiterie et une diminution de la capacité à marcher.
- La déformation progressive : une jambe qui s'arque ou rentre en X, signe d'une usure asymétrique d'un compartiment.
Quels facteurs favorisent l'arthrose du genou ?
L'arthrose du genou a rarement une cause unique : c'est le plus souvent la rencontre de plusieurs facteurs qui, ensemble, favorisent l'usure du cartilage. Comprendre les vôtres aide à agir sur ceux que l'on peut modifier.
- L'âge et l'hérédité : le cartilage se fragilise avec les années, et une prédisposition familiale à l'arthrose est fréquente.
- Le surpoids : c'est l'un des principaux facteurs modifiables au genou, qui supporte plusieurs fois le poids du corps à chaque pas. Perdre quelques kilos peut réduire sensiblement les contraintes et, souvent, la douleur.
- L'axe de la jambe : un genou arqué (varum) surcharge le compartiment interne, un genou en X (valgum) le compartiment externe. Cette usure asymétrique explique pourquoi une seule partie du genou est parfois touchée — et pourquoi une prothèse partielle peut alors suffire.
- Les antécédents de traumatisme ou de chirurgie : fracture articulaire, entorse grave, ablation d'un ménisque — regroupés sous le terme d'arthrose post-traumatique.
- Les contraintes professionnelles ou sportives : port de charges, position accroupie prolongée, sports à impacts et pivots répétés sollicitent fortement l'articulation.
Agir tôt sur les facteurs modifiables — poids, renforcement musculaire, adaptation de l'activité — contribue à ralentir l'évolution et peut repousser le moment d'envisager une chirurgie.
Comment fait-on le diagnostic ?
Le diagnostic repose sur l'examen clinique et des radiographies des deux genoux en charge (debout), qui montrent le pincement de l'interligne articulaire du compartiment usé. Une radiographie de l'ensemble des membres inférieurs (pangonogramme) permet de mesurer l'axe de la jambe, une donnée clé pour planifier une éventuelle chirurgie.

L'IRM n'est pas nécessaire pour diagnostiquer une arthrose évoluée ; elle est utile en cas de doute (lésion méniscale associée, ostéonécrose, radiographies normales). Un scanner est réalisé lorsque nous préparons une chirurgie assistée par robot ou une prothèse sur mesure, afin de modéliser précisément votre genou.
Les traitements : on n'opère jamais par défaut
La règle est la même pour tous nos patients : la chirurgie n'est proposée que lorsqu'elle apporte un réel bénéfice, après un traitement médical bien conduit — le plus souvent avec votre médecin traitant, votre rhumatologue ou votre médecin du sport :
- activité physique adaptée : vélo, natation, marche régulière — un quadriceps solide est le meilleur amortisseur du genou ;
- perte de poids en cas de surcharge : le genou supporte plusieurs fois le poids du corps à chaque pas ;
- antalgiques : paracétamol en première intention, anti-inflammatoires sur de courtes durées lors des poussées ;
- kinésithérapie : entretien des amplitudes, renforcement musculaire, travail de l'équilibre ;
- infiltrations : corticoïdes lors des poussées douloureuses, acide hyaluronique pour améliorer le confort ;
- semelles ou genouillère dans certaines usures asymétriques.

Lorsque ces traitements s'épuisent, plusieurs chirurgies existent selon votre âge, votre activité et la zone usée : l'ostéotomie (correction de l'axe de la jambe, pour préserver le genou du patient jeune), la prothèse unicompartimentale (PUC) quand un seul compartiment est usé, et la prothèse totale de genou (PTG) quand l'usure est globale. Notre équipe réalise les prothèses de genou avec assistance robotique et, pour certains patients, avec des implants sur mesure conçus à partir de votre anatomie — deux techniques détaillées sur les pages interventions.
Que se passe-t-il sans traitement ?
Une gonarthrose ne s'aggrave pas forcément vite — elle évolue par poussées, et certains patients restent stables des années. Mais sans prise en charge, la trajectoire habituelle est la suivante :
- les poussées douloureuses se rapprochent, la douleur devient quotidienne puis nocturne ;
- la mobilité se réduit : le genou perd son extension complète, la flexion se limite ;
- la déformation de la jambe s'accentue, ce qui accélère l'usure du compartiment atteint ;
- le quadriceps fond, le genou devient instable, le risque de chute augmente ;
- l'activité diminue, avec un retentissement sur le poids, le cœur et le moral.
Plus l'articulation se déforme et s'enraidit, plus la chirurgie — si elle devient nécessaire — est complexe et la récupération longue. Un suivi régulier permet de choisir le bon traitement au bon moment.
Quand envisager la prothèse ? Trop tôt ou trop tard ?
Trop tôt n'apporte rien : si votre douleur reste contrôlée par le traitement médical, chaque année gagnée est une bonne année — une prothèse de genou fonctionne le plus souvent 15 à 20 ans, parfois davantage avec les implants actuels, et repousser l'implantation éloigne d'autant la perspective d'un changement de prothèse.
Trop tard se paie sur le résultat : un genou très déformé et enraidi, des muscles affaiblis par des années d'épargne, une condition physique dégradée — tout cela rend l'intervention plus lourde et la récupération moins complète. Le patient idéal pour la chirurgie n'est pas celui qui a le plus souffert le plus longtemps.
Le bon repère : lorsque les infiltrations ne font plus effet durablement et que la douleur dicte vos journées, il est temps d'en discuter avec un chirurgien. La consultation n'engage à rien — et il nous arrive régulièrement de conseiller d'attendre. Consultez notre parcours patient en 7 étapes pour savoir exactement ce qui vous attend.
Et si vous avez déjà une prothèse qui fait mal ?
Une prothèse de genou douloureuse mérite un bilan spécialisé, jamais une résignation. Notre équipe assure les deuxièmes avis pour prothèse de genou douloureuse et, si nécessaire, le changement de prothèse (reprise).
Questions fréquentes
L'arthrose du genou impose-t-elle forcément une prothèse ?
Non. De nombreux patients sont soulagés durablement par un traitement médical bien conduit : activité adaptée, renforcement musculaire, perte de poids, infiltrations. La prothèse n'est envisagée que lorsque ces traitements ne suffisent plus et que la douleur retentit sur votre vie quotidienne.
Peut-on continuer le sport avec une gonarthrose ?
Oui, dans la plupart des cas. Les activités portées comme le vélo ou la natation sont même recommandées, car le muscle protège l'articulation. Les sports avec impacts et pivots (course sur route, ski intensif, sports collectifs) peuvent devoir être adaptés selon le stade de l'usure.
Une seule partie de mon genou est usée : existe-t-il une solution moins lourde que la prothèse totale ?
Oui. Lorsque l'usure ne touche qu'un seul compartiment du genou, une prothèse unicompartimentale (prothèse partielle) peut remplacer uniquement la zone abîmée, en conservant les ligaments et le reste de l'articulation. La récupération est en général plus rapide qu'avec une prothèse totale.
Les infiltrations abîment-elles le genou ?
Non, pas lorsqu'elles sont réalisées correctement et à une fréquence raisonnable. Les infiltrations de corticoïdes calment la douleur des poussées ; l'acide hyaluronique peut améliorer le confort. Elles font partie du traitement médical recommandé avant toute chirurgie.
Le climat ou l'humidité aggravent-ils l'arthrose du genou ?
Non, le climat n'use pas le cartilage. Beaucoup de patients ressentent davantage leurs douleurs par temps froid et humide, mais il s'agit d'une variation de la sensation douloureuse, pas d'une aggravation de la maladie.
Sources et informations complémentaires : Arthrose du genou — Ameli.fr · SOFCOT




